-Putain qu'est-ce qui te prend Marco ?!
-Oh mon soleil comme tu es chaud aujourd'hui, tu es resplendissant de mille feux joyeux, ooooooooohhhhhh !
-Lâche-moi, oh, t'es passé chez Greg toi, y t'as filé encore des champignons ou quoi, merde arrrrrrêeetes !
-... je veux sentir ta chaleur en moi (euh nan),... non ma chaleur en toi, ooooooohhhhhhh !
-aie fais chier, tu fais mal
-elle est partie ? ouais elle est partie, dans un soupir
-quoi, mais qui ça, tu vas m'expliquer ?et pis bouges de là
-nan je me parlais à moi-même mais il semblerait que mes mâchoires en aient décidé autrement, faut les excuser... ok je me retire.
J'enjambe cette petite vermine mais dans le sens inverse, sinon j'aurais pas bouger de beaucoup je crois.
-tu vas me raconter c'est quoi tout ce cinéma, à quoi tu joues ?
-si tu veux mais ça risque d'être un peu long alors accroches-toi (il met les mains sous le banc). Bon on va commencer par le commencement comme ça, ça fera un bon début et pas une fin, si tu me suis. Disons que tu y es justement, c'était vraiment du cinéma, enfin du théâtre, mais faut bien débuter par là...tu sais que je suis des cours d'expressions corporelles dans le cadre de l'unité non fondamentale n°4 bis, qui s'accouple avec l'unité qui n'est pas moins ni plus non fondamentale que celle précédemment numérotée 4 bis, qui porte donc le nom d'unité...
-4 ?
-oui, je vois que tu suis
-je vois surtout que tu te sers des accouplements unitaires pour qu'on s'accouple nous deux, il dit ça d'une façon très mesquine le bougre !
-attends tu vas comprendre de suite de quoi il retourne...enfin je veux dire le pourquoi de mes actes. Tu sais aussi qu'à ce cours il y a Cassandre...
-la petite de la rue Ronsard ?
-et qui vient de l'Aude c'est ça ? enfin elle-même
-et alors, qu'est-ce qu'elle vient faire dans ton histoire
-et bien on est ensemble au cours, enfin je veux dire on bosse ensemble sur un texte du joueur de basket qui est pire qu'un autre et qui s'appelle le « Mac bête ». En deux mots : c'est...enfin le titre parle pour moi (je savais plus quoi dire de toutes façons !). la scène admirable mais qui t'as visiblement pas trop plu, c'est celle que je joue avec ma petite Cassandre, à qui, j'ai le regret de l'avouer même si nos activités corporelles sont des plus exquises, tu plais plus que moi.
-je vois toujours pas le rapport avec moi, je ne lui ressemble pas tellement...
-oui je sais, au toucher t'as les fesses bien plus fermes qu'elle... en fait, t'as l'occasion ce soir de constater par toi-même ce que j'affirme...parce que ce soir tu dînes avec elle, chez elle en plus petit veinard... c'est pour ça que je t'ai joué la scène, parce que tu n'es pas sans savoir que c'est sa tante qui dirige le cours, et elle a envie de me virer la vioc' parce qu'elle dit que je ne satisfais pas ses exigences etc. et sa nièce non plus n'a pas l'air satisfaite de ma prestation...
-alors tu veux que je te graisse la patte ce soir auprès de Cassandre...
-voilà tu me graisses la patte autour d'une cuisse de poulet bien grasse, et pis tu te mets dans les pattes de ton hôte, et tu les lui écartes ensuite si t'es habile...mais bon ce n'est qu'une formalité pour toi, je toussote grassement
-attends un peu, t'as organisé ce rancart pour moi alors que tu sais pertinemment que je suis avec Fanny, c'est vachement très culotté de ta part
-me la fais pas, je sais bien que vous êtes plus à deux...
-comment tu le sais ? on a rompu hier soir ! petit sanglot contenu
-ben simplement parce que j'ai vu ton ex chère et ex-tendre, s'extendre sur les pelouses en face de chez Annah-Tommy, d'où on était, on a vu qu'elle était déculottée elle...
-qui ça on ?
-moi je sortais du café quand je l'ai vu, j'y ai fait un petit signe, mais elle a pas répondu, par contre elle a appelé les types qui me suivaient
-qui ça, quels types ? dis-moi merde
il commençait à trépigner dur sur le banc, et heureusement pour lui que je lui ai dit de s'y accrocher, parce que je sais pas où je le l'aurait retrouvé
-à ton humble avis que je ne permettrais pas de remettre en question mais quand même tu manques de logique parce qu'à l'heure où je sors de chez Annahtom', c'est-à-dire midi moins le quart, après avoir ingurgité bien sagement mon jus de tomate amidonné
-abrèges, je ne tiens plus
c'est vrai, ces mains reformaient les nervures ; y'a pas à dire, les mains ça a beaucoup de mémoire. A ce sujet, les miennes se souviennent très bien de Sandra, ô Sandra, celle à qui il fallait toujours déchirer les bas avec les dents parce qu'elle disait toujours que mes mains avaient un autre utilité beaucoup plus...
-T'ACCOUCHES !!!!!!!
merde une latte du banc commence à se desceller à une extrémité
-ben c'est la bande de ce petit morpion de Jimmy et sa bande, bon je l'ai déjà dit mais c'est pour insister sur le nombre ; mais comme chacun sait , plus on est de fous...
-arrggggggg !!!!!!
-toi t'as pas l'air de rire mais calme toi un peu, steuplaît, ou sinon je te rejoue la scène. T'inquiètes, ils s'y sont pas tous allés, y'a que...(merde qui je pourrais bien prendre) Lucas
-Lucas, le chasseur ?
-ouais c'est bien lui, le chasseur
-quel fils de louve celui-là, me faire ça à moi
-t'emballes pas mon gars, tu sais ce que l'on dit, les chasseurs courent toujours plusieurs lièvres à la fois pour n'en levait qu'un...pis de toutes manières ils sont montés qu'à deux dans sa bagnole, alors y'a pas de danger
-pas de danger, mais il va se la faire si c'est pas déjà fait putaaaaiiiiiiiiinnnn !
-oh oh oh reste assis, t'es bête ou quoi ? si elle a accepté de monter dans la caisse c'est parce que j'étais là, et qu'elle savait exactement que j'allais tout te raconter. Elle veut te rendre jaloux. Elle pense que tu lui reviendra plus facilement comme ça.
-et moi je dois rester là les bras croisés à attendre qu'elle me revienne à la prochaine saison de chasse ?!
-y'a vraiment des moments je me demande bien ce qu'elle te trouve Cassandre. Je crois qu'elle t'a jamais parlé, je me trompe ?
-ben non
-un conseil, parle-lui pas trop ce soir, venez-en au fait de suite, je sais pas, manger après, pasque sinon ça risque d'être compliqué
-mais pourquoi veux-tu obstinément que j'aille chez elle, ce soir en plus ?
-quoi, j'aurais du te trouver une plus attirante ?tu vois pas que c'est un sacrifice pour moi de te la céder, et toi tu joues les difficiles. Elle te plaît pas ?
-c'est pas ça, mais je peux pas faire ça à Fanny
-parce que tu crois qu'il la menaçait de son fusil pour qu'elle le lui prenne en main au Lucas ?
-arrêtes de me le rappeler sans cesse, c'est vraiment dur à supporter !!
-t'as qu'à comprendre tout de suite aussi : tu sais la jalousie ça marche dans les deux sens. C'est comme une porte battante. A moins que tu veuilles jouer l'anti-retour, elle te revient toujours dans les mains.
-Fanny ?
-non la porte, mais elle n'est jamais loin de la porte (c'est pour ça qu'elle s'est tirée) ; elle reviendra avec. Tout ce que t'as à faire c'est d'aller voir ma petite comédienne, tu passes une bonne soirée, tu t'arranges pour qu'elle s'en rappelle demain, qu'elle croit que tu l'aimes, tu lui promets des trucs, comme ça Fanny elle va être très très jalouse, et ce sera dans la poche, OK ?
-si t'étais pas un pote, je crois que je ne te ferais pas confiance, même si j'ai toujours des doutes... mais j'ai vraiment plus rien à perdre. C'est à quelle heure ce soir ?
-à sept heures tapantes, et surtout n'oublies pas de me citer entre deux « j'aime tes cheveux Cassandre ». Je peux compter sur toi ?
-pas de problèmes, mais je voudrais que ça marche
-4987, 4986, 4985...
-caisses tu fais ?
-ben en fait je me suis trompé, je décompte, là il te reste plus que 4973 secondes avant Cassandre
-D'accord, je file, merci
-c'est ça, mais laisse la planche que t'as dans les mains
il file
-tout à l'heure tu filais un mauvais coton, je t'ai refilé un pot de colle, toi tu y files, et moi je vais continuer à la filer, mais où est elle maintenant ?